mercredi 19 mars 2008

Une cigogne de l'adoption appelée Colombani

Oyé, Oyé ! ça y est enfin ! Jean-Marie Colombani a remis cet après-midi son rapport sur l'adoption au Président de la République. Voici le communiqué d'Associated Press :

"Simplifier, rendre plus efficace sans "bouleverser" le système au sein duquel l'intérêt de l'enfant doit être prioritaire, telles sont les grandes lignes tracées par Jean-François Colombani, qui remet ce mercredi à Nicolas Sarkozy son rapport sur l'adoption en France. "L'idée, ce n'est pas de provoquer un énième bouleversement, mais de dire 'on peut faire mieux, faisons mieux avec ce qui est existe", explique M. Colombani dans un entretien diffusé sur le site web de l'Elysée. "Dans un deuxième temps, avançons tranquillement par consensus successifs, vers une autre organisation plus efficace et donnons-nous deux, trois ans pour y parvenir". L'ancien président du directoire du "Monde", lui-même père adoptif de deux enfants, a cependant prévenu qu'"il faudra une volonté politique forte pour faire accepter l'idée qu'il faut avancer et changer un peu notre organisation". Dans ce rapport rédigé avec l'aide de trois hauts fonctionnaires, Jean-Marie Colombani est parti d'un "constat très simple d'un très grand déséquilibre entre le nombre de parents ou futurs parents agréés, et le nombre d'enfants qui seront réellement adoptés: 4.000 adoptions en 2007" avec "entre 30 et 35.000 parents qui attendent de pouvoir adopter". Ce déséquilibre s'explique par "un système français difficile à comprendre pour ceux qui veulent adopter", a-t-il souligné, évoquant "un maquis à l'intérieur duquel il faut se diriger". "On peut être plus dynamique, plus efficace à la condition de remettre les choses à leur place. Pour moi, c'est de remettre l'enfant au centre du dispositif", a estimé M. Colombani. Au niveau de l'adoption internationale, il faut "remettre en place un dispositif qui passe par la mobilisation de nos réseaux diplomatique et consulaire", avec "l'aide et de la dynamisation du réseau des associations, qui sont le coeur de l'adoption, et qui passe aussi par des parents mieux formés, mieux préparés", a-t-il précisé. Enfin, il a évoqué l'idée "d'un espace européen de l'adoption", sur lequel se penchent les institutions européennes. "C'est un sujet pour la présidence française parce que cela peut être le coup d'accélérateur".

Nous sommes d'autant plus heureux que nous avons (très) modestement contribué à ce rapport. En effet, nous avons été "interviewés" il y a une dizaine de jours par l'un des membres de l'équipe de Jean-Marie Colombani au sujet de notre propre expérience. Alors bien sûr, le rapport devait être quasiment ficelé la semaine dernière, mais si au moins, nous avons pu contribuer un tout petit peu à la cause de l'adoption dans ce pays, nous en sommes heureux. Un sujet que nous avons évoqué lors de cet entretien et qui nous a été confirmé par la personne avec laquelle nous nous sommes entretenus, est la "frilosité" des O.A.A. françaises. Apparemment, même le C.C.A.A. trouve nos O.A.A. trop "timorées" par rapport aux agences des autres pays. Pour le reste, nous avons parlé d'Europe, de lenteur -de l'administration mais aussi des O.A.A. qui prennent des mois entre l'acceptation d'un dossier et son envoi dans le pays-... Nous avons également appris que la "mission Colombani" s'est rendue à Pekin début janvier et a rencontré le directeur du C.C.A.A. et les personnes en charge des dossiers français. La Chine n'a pas l'intention d'arrêter les adoptions mais pour le reste, peu d'informations ont filtré sur les délais d'attente et la situation actuelle en Chine.

Quoi qu'il en soit, ce rapport ne changera sans doute rien pour notre aventure de Chine avec notre petite Alix, mais peut-être, qu'un jour, pour son petit frère ou sa petite soeur, ou ses petites copines d'ici ou d'ailleurs, il aura été celui qui aura permis de beaux voyages et de belles histoires d'amour. Merci donc à celui qui non seulement a peint le couloir de notre nouvelle maison, mais qui nous a permis d'avoir la chance de participer un tout petit petit petit peu à ce rapport.

Aucun commentaire: