samedi 30 janvier 2010

Il était une fois... Alix

Il était une fois une assistante sociale qui, par un soir froid de la fin janvier (le 29, précisément), appela une petite famille pour leur apporter une grande nouvelle. Il était environ 19h30 et quand le téléphone sonna dans la maison, la petite famille était à mille lieues de se douter de ce qui l'attendait. D'une part, car on ne s'attend pas à ce qu'une assistante sociale nous appelle un vendredi soir à 19h30, d'autre part parce qu'après trop d'années d'attente, on ne s'attend plus à grand chose du tout. "Allo, c'est Madame Bonne Nouvelle", dit l'assistante sociale. Madame Bonne Nouvelle ! Hauts les Coeurs !... "J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer". Plus hauts encore les coeurs ! Très très hauts les coeurs ! Là, la madame de la petite famille se dit "Vaut mieux que j'aille m'asseoir, car je pourrais défaillir". Et là, Madame Bonne Nouvelle lui expliqua les détails à connaître. "C'est une petite fille, qui est née en 2009" (diantre, elle était donc née à Noël !), qui s'appelle "La plus jolie petite fille du Monde", etc, etc, etc.... Elle est très éveillée, très jolie et en pleine santé...Votre mari est à vos côtés ? demanda Madame Bonne Nouvelle à la madame qui n'avait plus tout à fait sa tête dans ses chaussettes. "Non justement, il a un dîner ce soir, il fête le départ d'une collègue, je vais l'appeler". Madame Bonne Nouvelle continua de lui expliquer les modalités : rendez-vous à l'ASE d'ici à quelques jours, puis une semaine d'acclimatation, puis la plus jolie petite fille du monde sera avec vous. "Je ne suis plus très sûre de bien mémoriser", lui dit la Dame entre deux sanglots de joie, qui ne savait plus du coup la date de naissance de la petite, ni son poids, et qui luttait dans le flot de ses émotions pour se souvenir de toutes ces informations si importantes, de ce moment si unique. "Je comprends, je vous rappelle demain matin à 10 h, comme cela votre mari sera là et on pourra discuter ensemble tous les trois". Merci, merci, merci, merci, merci à vous , merci au Conseil de famille, merci.... et la dame raccrocha le téléphone, toute tremblante puis composa le numéro de son chéri qui en décrochant entendit hurler dans le combiné : "Nous sommes parents". La soirée fut ensuite ponctuée de coups de téléphone à la famille et aux amis jusqu'à très tard dans la nuit. Le Monsieur, de son côté, trinqua avec tous ses collègues puis n'y tenant plus, préféra rentrer à la maison pour retrouver sa femme. Ce soir là, la lune (quasi pleine) illuminait radieusement les jardins et le ciel. La nuit fut courte, tant l'émotion coupa le sommeil de toute la petite famille. Dès cinq heures du matin, tout le monde était éveillé dans la maisonnée. Dans la nuit, il avait neigé et l'effet combiné de la pleine lune et de la neige donnait une couleur très particulière aux premières heures du jour.
Alix sera donc... Alix. Nous nous étions posés quelques fois la question de savoir si Alix serait le prénom de notre fille de Chine, ou le prénom de notre fille d'où qu'elle vienne. Mais comme récemment, notre petite fille de Chine était devenue "fille ou... Garçon... De Chine... Ou d'ailleurs", nous n'avions fait qu'aborder ce sujet d'un éventuel autre prénom, puisque tout devenait flou. Réflexion faite, ce sera Alix, puis le prénom qui lui a été donné avant qu'elle ne nous rencontre. Naturellement, on n'arrête pas 5 ans d'attente en Chine par un coup de baguette magique. Mais, ces derniers temps, nous avions commencé à nous dire qu'Alix ne viendrait peut-être pas de Chine. Nos pensées vont tout particulièrement et tout d'abord vers Nathalie & Hervé et Virginie & David, nos si fidèles et si chers compagnons sur cette longue route. C'est la seule ombre au tableau de notre incommensurable joie. Nous aurions tant voulu aller au bout de notre histoire commune avec vous, partager cette joie d'un "voyage" en Chine avec vous après avoir partagé tant de souffrance liée à cette attente. Nous n'espérons qu'une chose : que vous deveniez à votre tour parents le plus vite possible et que nous puissions profiter ensemble de nos enfants. Si nous le pouvions, nous vous ferions parents immédiatement. On vous aime fort. Je pense aussi à tous ceux qui nous ont aidés, poussés, portés : nos proches bien sûr, mais aussi la mamie de Pimprenelle et des "blogamis". Je pense (entre autres) à Vicky, Pascal et Charlie, grâce à qui l'espoir de devenir parents ne s'est jamais définitivement tari et dont le blog (devenu privé), m'a si souvent permis de retrouver force et courage pour continuer d'avancer, je pense à Karine, Benoît et Margot, qui nous ont fait nous dire "Pourquoi est-ce que nous aussi, on ne déposerait pas un dossier pour un enfant Pupille de l'Etat ?". Je pense à l'assistante sociale qui, début 2009, était venue nous rendre visite après notre déménagement et qui était surprise qu'on n'ait pas déposé un dossier pour un pupille de l'Etat. Je pense à la psychologue que nous avons rencontrée le 16 novembre dernier et qui nous a vraiment laissé entendre que l'espoir était permis. Nous étions rentrés euphoriques, mais l'euphorie était retombée comme un soufflé. Chat échaudé en Chine craint l'eau froide, comme on dit... Je pense aux bénévoles de Rayon de Soleil chez qui nous étions tout récemment pour faire un point sur notre situation et que nous informerons dès lundi. Elles nous avaient expliqué que certains Conseils Généraux les appelaient parfois avant une attribution d'un Pupille de l'Etat pour savoir où en était l'avancement du dossier des parents, afin de ne pas attribuer un Pupille à un couple sur le point d'avoir son attribution à l'étranger. Inquiète, je leur avais demandé : "si le Conseil Général vous appelle pour nous, vous ne leur direz pas qu'avec une LID au 12 mai, notre attribution est imminente j'espère ?". Elles m'avaient rassuré en me disant que non, elles ne répondraient pas cela. Savaient-elles déjà ? Je pense à pleins de gens en fait, je pense à la petite fille de Chine que nous n'aurons pas, je pense à mon boss qui va faire une drôle de tête lundi quand je vais lui annoncer que je serai en congé maternité dans 2 semaines, je pense à "ma stagiaire" qui doit arriver pour son stage de 6 mois dans quelques semaines et je me demande qui va s'occuper d'elle en mon absence, je pense à tous ceux qui sont en attente d'un petit bout de Chine et d'ailleurs (je pense à Myriam, à Lina), je pense à ma grand-mère, je pense à Madame Bonne Nouvelle, j'entends les oiseaux qui chantent dehors, je vois le jour se lever, Pierre s'est rendormi et je pense à Alix, petite Alix, née fin 2009, "qui s'est tellement battue pour" que l'on soit "ses parents et personne d'autre" comme nous l'a écrit notre amie Marie vendredi soir. Et là, mon coeur chavire quand je me dis que je suis maman de cette petite fille là et que Pierre est son papa. Notre bébé d'amour. Enfin...

PS : ce post a été écrit le samedi 30 janvier à l'aube, mais publié à la fin du week-end, une fois tous nos proches prévenus.

mardi 19 janvier 2010

Quoi de neuf, docteur ?

J'ai plusieurs fois pensé venir écrire un post depuis début janvier, mais à chaque fois, j'ai été prise d'une crise d'"à-quoi-bonisme". Le C.C.A.A. aurait procédé à la révision des dossiers enregistrés jusque fin avril 2008. So what ? L'édition en ligne du Monde a publié un article intéressant intitulé "Trouver les mots pour répondre aux enfants adoptés". En même temps quand on n'a pas d'enfant, trouver les mots ne sert pas à grand chose. On avance dans notre procédure de renouvellement d'agrément et avons déjà des rendez-vous fixés avec l'assistante sociale et la psychologue : trop fort ! Bref, en ce début d'année 2010, on ne sait plus très bien ce qu'il faut attendre des mois qui viennent, de la vie. On reste accrochés à notre vieux rêve de devenir parents mais on commence à envisager la vie rien qu'à deux (+ le chien). On se demande à quel moment il faudra décrocher pour de bon, et surtout, ce qu'on fera ensuite. Mais à quoi bon écrire tout ça puisqu'on va finalement continuer d'y croire. Et puis, c'est quoi notre malheur comparé au malheur qui frappe Haïti. Qui sommes-nous pour nous plaindre de notre pauvre petit sort de "riches" ?

Ce week-end, nous avons signé la pétition qui demande que les parents adoptants d'enfants haïtiens puissent voir les procédures d'adoption accélérer afin que leurs enfants les rejoignent au plus vite, vu l'urgence de la situation sanitaire. Au fond de nous, on aimerait bien qu'une pétition circule pour les adoptions en Chine, et ne nous dites pas que nous "c'est pas pareil", parce qu'on n'a pas de photo de notre enfant et qu'on n'a pas reçu officiellement l'attribution. Ceux qui pensent que l'enfant n'est pas réel tant qu'il n'y a pas eu "attribution" ont tort. Mais effectivement, à quoi bon écrire cela puisque de toute façon, personne ne prendra le risque d'oser demander quoi que ce soit aux Chinois. Et puis il n'y a pas urgence sanitaire. Donc... Rien de neuf non plus du côté de notre O.A.A. avec qui nous avions rendez-vous hier pour un rendez-vous informel. Nous étions trois couples (nos copains de galère et nous) et n'avons pas appris grand chose. Si ce n'est qu'ils n'en savent pas plus que nous et que les Chinois sont Chinois, donc muets, donc culturellement différents, aux antipodes, donc... Le rendez-vous fut tout à fait cordial, sympathique et chaleureux, mais côté scoop, on repassera. En même temps, on s'y attendait un peu quand même, donc à quoi bon l'écrire. Rayon de Soleil ne compte pas se tourner vers le programme "Special Needs" et si on veut s'orienter vers un autre pays avec eux, il faut renoncer à notre dossier en Chine et démarrer une nouvelle procédure. Sauf à aller voir une autre OAA, mais cela impliquerait d'être moins a-quoi-boniste que je ne le suis en ce moment. Bref, c'est pas gagné...

dimanche 3 janvier 2010

Gueule de...

Ca y est, nous sommes de retour à la maison après plus de dix jours de congés, qui nous ont menés d'Istanbul à Metz, avec un petit crochet parisien entre les deux, histoire de défaire et refaire les valises. Que s'est-il passé pendant ces dix jours ? Le Père Noël est passé, mais ça, tout le monde le sait. Tout le monde (du moins, le "monde" intéressé et concerné) sait aussi que le C.C.A.A. a annoncé, fin décembre, une nouvelle date de coupure au 3 avril. Soit la plus petite et minable avancée de l'histoire des coupures du C.C.A.A (en volume de dossiers). Maintenant qu'on pensait avoir mangé notre pain noir avec la fin de ce satané mois de mars 2006, il semblerait qu'avril démarre sur les chapeaux de roue :-( Nous avons aussi lu sur China Adopt Talk un post qui expliquait que quelques agences prévoyaient que les dossiers d'avril 2006 seraient tous traités d'ici à avril/juin (mais après avoir lu tant d'informations plus fausses les unes que les autres depuis 2006, j'avoue qu'on n'y croit absolument plus car les fausses rumeurs sur le C.C.A.A. n'engagent que ceux qui veulent bien y croire, et nous ne voulons plus y croire). Nous avons également obtenu notre premier rendez-vous pour notre renouvellement d'agrément (début février, avec l'assistante sociale de l'ASE des Yvelines). Voilà le rapide résumé des dix derniers jours. Nous sommes de retour à la maison. La vie "normale" reprend demain. Notre espoir aussi. Satané espoir. Coriace. Pourquoi 2010 plus que 2009 ? Pourquoi pas ? Time will tell...