lundi 26 novembre 2007

Les troubles de l'attachement

Il y a un mot qui sonne comme un cauchemar pour les adoptants... C'est PETALES. En clair, quand on effectue ses premières recherches sur Internet sur l'adoption, on tombe sur un tas de sites web, plus ou moins intéressants, et un jour on tombe sur PETALES. On ouvre et on referme très vite car c'est une histoire qu'on n'a pas envie d'écouter... PETALES c'est le nom d'une association et l'acronyme de Parents d'Enfants présentant des Troubles de l'Attachement Ligue d'Entraide et de Soutien. PETALES, ça raconte des histoires terribles d'enfants adoptés qui ne se "font" pas à leur nouvelle famille.
L'attachement, expliqué en premier par un pédopsychiatre anglais, John Bowlby (1907-1990), est la construction des premiers liens entre un enfant et sa mère, ou celle qui en tient lieu. Il répond à un besoin biologique fondamental (besoin primaire). L'attachement, c'est la création du lien et c'est essentiel pour un enfant. C'est ce qui va lui permettre de se développer intellectuellement, de développer sa logique, sa conscience, de devenir autonome, de développer ses relations... Les troubles de l'attachement proviennent des carences affectives précoces ou de traumatismes vécues par l'enfant. 95% des enfants présentant ces troubles sont des enfants adoptés, mais ces troubles peuvent également concerner des enfants biologiques. Les principales manifestations sont un rejet des proches, notamment de la mère (contact physique et preuve d'affection). En groupe, ce sont des enfants qui ont besoin d'une place à part (chef ou victime) et qui vivent essentiellement dans le présent, sans parvenir à se projeter. La scolarité de ces enfants est difficile.
Evidemment, c'est une histoire qu'on n'a pas vraiment envie d'entendre. Car on rêve surtout d'une belle histoire d'amour, et non de désamour et de défiance. Ce qui compte, c'est de savoir que ça existe, afin de pouvoir y être attentifs, le cas échéant. Le pédopsychiatre Marcel Ruffo disait il y a quelques années que dans sa consultation pour ados en difficulté à l'hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, les enfants adoptés étaient sur-représentés par rapport à la part qu'ils représentent dans la population. Et posait cette question (je résume avec mes mots) : est-ce parce qu'ils ont plus de problèmes que les autres ou parce qu'ils ont des parents qui sont plus "attentifs" aux difficultés et davantage en souci que les autres parents ? J'ai tendance à penser que les deux raisons expliquent cette sur-représentation des enfants adoptés, mais que la deuxième vaut sans doute autant que la première (sinon plus). Ni trop, ni pas assez ; interpréter sans sur-interpréter, c'est le challenge qui sera le nôtre. Ne pas oublier PETALES, puis l'oublier.

Le Petit Nicolas en Chine (suite)

Ainsi, Nicolas Sarkozy est parti en Chine sans Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme. On sait à présent pourquoi Sarkozy ne nous a pas répondu : il avait demandé à Rama Yade de nous faire une réponse, mais quand il a dit à Rama qu'elle ne serait finalement pas du voyage en Chine, elle lui a répondu : "Si c'est comme ça, je ne répondrais pas" (elle aurait dit intégralement : "Je ne répondrais pas au mail de ces deux nigauds"). Passons... Voici un autre point de vue sur l'absence de Rama Yade lors de ce déplacement officiel. C'est un article de Philippe Ridet paru dans Le Monde de samedi 24 novembre.

« Nicolas Sarkozy peut tout faire et entend le démontrer une fois de plus en Chine. C'est ainsi qu'à l'Elysée, on justifiait, vendredi matin 23 novembre, l'absence dans la délégation française qui accompagne le chef de l'Etat en Chine de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade. "Le président n'a pas besoin de Rama pour parler des droits de l'homme, pas plus qu'il n'a besoin de Barnier pour parler d'agriculture ou de Lagarde pour parler d'économie", a expliqué David Martinon au Monde. Rejetant le soupçon de complaisance vis-à-vis des autorités chinoises très susceptibles à ce propos, M. Martinon avait indiqué, la veille lors de son point presse hebdomadaire, que le chef de l'Etat "évoquera (la question des droits de l'homme) avec les plus hauts dirigeants chinois, comme il l'avait fait dans d'autres circonstances avec le président russe Vladimir Poutine et avec d'autres présidents (...). Le chef de l'Etat a l'habitude d'évoquer la question des droits de l'homme où qu'il se trouve" avait conclu le porte-parole de l'Elysée. Pourtant Mme Yade est présentée par M. Sarkozy comme une pièce maîtresse de son dispositif diplomatique. Toujours prompt à vanter ses mérites, il avait confié début juillet à quelques journalistes : "Sur la scène internationale il y aura Rama et Condi (Rice)". Mme Yade était présente lors du voyage en juillet du président de la République en Libye, Côte d'Ivoire et Sénégal. Début novembre, elle était aussi à ses côtés aux Etats-Unis. Elle a en outre participé, avec le chef de l'Etat, au rapatriement des journalistes français et des hôtesses espagnoles retenus au Tchad dans l'affaire de l'Arche de Zoé. En voyage jeudi à Singapour, la secrétaire d'Etat n'a pu être jointe par Le Monde. Dans une lettre ouverte, les responsables de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), de la Ligue des droits de l'homme (LDH, France) et de Human Rights in China (HRIC) ont interpellé jeudi M. Sarkozy pour lui demander de délivrer aux autorités de Pékin un "message fort" pour que cessent les "violations systématiques" des droits de l'homme. L'Elysée espère conclure au cours de cette visite de trois jours d'importants contrats commerciaux » (A ce jour, 20 milliards de dollars de contrats ont été signés).

Notre illustration (www.lemonde.fr) : Nicolas Sarkozy devant des soldats de terre au mausolée du premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi.

dimanche 25 novembre 2007

Barnabé...

Pour ceux d'entre vous qui ont des petits (les autres aussi) et qui voudraient leur expliquer ce qu'est une adoption avec des mots simples, voici les références d'un livre qui traite de ce sujet : "Barnabé a été adopté" d'Ophélie Texier (l'Ecole des Loisirs). Nous ne l'avons pas encore lu, mais nous en avons lu du bien. Nous dresserons prochainement une liste plus exhaustive.

Olibrius, depuis deux ans en Chine

Demain, cela fera deux ans qu'Olibrius (dit "Oli") est parti au paradis des toutous. Certains d'entre vous ne le connaissent pas, mais nous avons eu un génial petit chien, un Cavalier King Charles, qui malheureusement était malade du coeur et qui est mort l'année de ses 8 ans. Il est mort quand nous étions en train de passer nos entretiens avec les associations (nous avons rencontré Médecins du Monde, Enfants du Monde-France et Rayon de Soleil). C'était une période difficile car les entretiens étaient sans fin avec Enfants du Monde et Médecins du Monde voulait bien de nous mais pour une adoption en Colombie. Deux jours après sa mort, nous avions notre entretien avec "Rayon de Soleil" et quelques jours plus tard seulement, nous avons reçu un courrier de leur part nous informant que "nous étions acceptés". Pour nous donner du courage et du baume au coeur, nous nous sommes dits que notre petit chien était parti en Chine, à la recherche de notre fille. On savait que la route serait longue (il y a environ 10,000 km entre Paris et Pekin), mais que l'issue serait heureuse. Depuis le 26 novembre 2005, je pense qu'il n'y a pas un jour sans qu'on pense à notre (future) fille et à Oli.

vendredi 23 novembre 2007

Pas de réponse de Super Sarko !

Notre e-mail envoyé à l'Elysée le 9 novembre dernier (lire plus bas) est resté sans réponse. Le sort des adoptants français en Chine ne soucie pas notre président. Allez, je ne vais pas écrire qu'on avait placé de grands espoirs en écrivant cet e-mail mais tout de même, je suis surprise qu'il n'y ait pas des services de communication efficaces à l'Elysée qui prennent au moins la peine de répondre aux courriers qui sont envoyés. Donc Sarkozy sera en Chine à partir de dimanche soir et il paraît qu'il dormira dans un lit tellement grand qu'il faut pas moins de 4 femmes de chambres pour le faire (une à chaque coin). Il ne nous reste plus qu'à lui souhaiter de bonnes nuits.

30,000 dossiers !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Selon les dernières informations circulant sur les forums dédiés à l'adoption et toujours selon la loi des fameuses rumeurs d'une agence spécialisée qui a vu l'homme qui a vu la poule qui a vu l'oeuf qui connait quelqu'un qui travaille au C.C.A.A., il y aurait actuellement (du moins, à fin octobre 2007), 30,000 dossiers de parents adoptants enregistrés au C.C.A.A.
Pour vous donner un ordre d'idée, il y a environ 7,500 adoptions internationales par an, donc même si aucun nouveau dossier n'était enregistré, il faudrait théoriquement 4 années pour "écluser" ces 30,000 dossiers. Réjouissant ! De façon un peu plus égoïste, comme les Chinois ont procédé à ce jour aux attributions jusqu'au 8 décembre 2005 et que notre dossier est "loggé" au C.C.A.A. en date du 12 mai 2006, il nous reste personnellement 5 mois de dossiers avant nous. Sachant qu'avant la mise en place des nouveaux critères par la Chine, en mai 2007, il y avait entre 1,500 et 2,000 dossiers enregistrés tous les mois et qu'il n'y en a plus que 600 à 800 depuis mai, on peut considérer que :
- Sur une base de 1,500 dossiers par mois enregistrés entre décembre 2005 et mai 2006, il resterait exactement 7,500 dossiers devant nous, soit un an d'attente (à adoptions internationales constantes).
- Sur une base de 2,000 dossiers par mois, il resterait 10,000 dossiers devant nous, soit rien avant le printemps 2009.
Dans les deux cas de figure, cela signifie également que nous ne voyagerons sans doute pas en Chine en 2008, car même une attribution dans 12 mois (soit en novembre ou décembre 2008) ne permettrait pas un voyage avant janvier ou février 2009. Bref, c'est déprimant !
Chaque année, à cette période, on se dit que c'est notre dernier Noël à deux et chaque année, on repousse d'une année... Merry Christmas !

samedi 17 novembre 2007

Chronique parue dans Le Monde d'hier

Voici une chronique parue dans Le Monde de vendredi dans la rubrique "Opinions du Monde". Jacob Rogozinski, philosophe, professeur à l'université de Strasbourg, a fondé et présidé l'Association des parents adoptant en Russie. Ce texte est une réponse à un autre texte polémique paru le 9 novembre dans les mêmes colonnes du Monde et signé François-Robert Zacot (un anthropologue). Le texte de ce dernier se trouve sous l'article de Jacob Rogozinski.

"Aujourd'hui l'adoption internationale fait l'objet de critiques virulentes, où amalgames et contre-vérités abondent. Le texte de François-Robert Zacot, publié dans Le Monde du 9 novembre, en est une illustration : il n'hésite pas à la dénoncer comme une "capture de l'enfant""dessous-de-table", ce qui l'assimilerait aux pratiques des "réseaux pédophiles"... L'adoption mais aussi la fécondation in vitro (FIV) et l'homoparentalité seraient, selon lui, les symptômes d'une appropriation "pathologique" de l'enfant par l'adulte, d'un "processus pervers" visant à "arrêter la filiation" : elles révéleraient la vérité criminelle d'un "Occident infanticide". Pourquoi s'en prend-il à la FIV ? Parce qu'elle provoquerait une "absence de transmission entre les parents et l'enfant". Pour M. Zacot, cette "transmission""schéma pervers" où l'adulte "prête à l'enfant un désir" pour mieux faire triompher le sien. Selon M. Zacot, l'enfant ne serait jamais que l'objet passif du désir des adultes : semblable à un légume, incapable d'éprouver par lui-même aucun désir. Pense-t-il vraiment qu'aucun enfant n'aspire à vivre heureux dans une famille, à être aimé par un père et une mère ? Lui est-il jamais arrivé de rencontrer un enfant ? Pour ce paladin de l'ordre moral, tout désir est suspect, et celui d'adopter n'est qu'un facteur de "perversion". Comment ne voit-il pas que le désir d'adoption est indissociable d'un désir de transmission ? Que, loin de l'interrompre, l'adoption réinstitue au contraire une filiation là où elle avait été brisée ? Tout ce qui est excessif est insignifiant. Le texte de M. Zacot ne mériterait même pas d'être discuté, s'il n'était l'expression d'une campagne qui prend pour cible l'adoption internationale. Alors que des millions d'enfants abandonnés attendent en vain une famille, les institutions censées favoriser leur adoption semblent de plus en plus incapables d'assurer cette mission. Cette faillite est encore plus évidente dans notre pays. C'est pourquoi certains responsables envisagent de limiter le nombre des adoptants, en instaurant un numerus clausus sur les "agréments" qui donnent le droit d'adopter. Un colloque qui s'est tenu récemment sous l'égide de l'Agence française de l'adoption a été l'occasion d'exposer ces projets. Rama Yade y a d'ailleurs proposé - avec le plus grand sérieux - de promouvoir le parrainage et l'aide humanitaire comme "alternatives à l'adoption". Les premiers visés par ces mesures discriminatoires seront forcément les couples jugés "trop âgés", les célibataires, les familles à revenus jugés "insuffisants". Gageons que telle vedette de la chanson, un ami de notre président, y aurait échappé sans difficultés... Dans ce contexte, tout ce qui permet de jeter le discrédit sur les adoptants - et notamment sur les démarches individuelles qui assurent 70 % des adoptions dans notre pays - sera bienvenu. Les principales victimes de telles pratiques seront bien entendu les enfants. Au lieu de chercher à restreindre l'adoption pour masquer l'échec d'une politique, ne faudrait-il pas plutôt s'interroger sur les raisons de cet échec et les moyens d'y remédier ? Quelles sont donc les causes des difficultés actuelles de l'adoption internationale ? En premier lieu, l'égoïsme "patriotique" et la xénophobie de nombreux pays, qui préfèrent confiner leurs enfants dans des orphelinats plus ou moins insalubres, plutôt que de les confier à des "étrangers" qui les rendraient heureux. Il convient aussi de s'interroger sur les dérives d'une certaine conception des droits de l'enfant qui, sous prétexte de lutter contre des "abus", conduit à limiter dramatiquement les possibilités d'adoption. C'est le cas dans tous les pays qui ont ratifié la très contestable convention de La Haye. Partout, le principe du maintien dans le pays d'origine tend à l'emporter : le droit du sang et du sol prime sur le droit à l'amour. Mais le premier des droits d'un enfant abandonné n'est-il pas celui d'être élevé dans une famille structurante et aimante, qui l'aide à surmonter le traumatisme de l'abandon ? Cessons d'opposer les droits de l'enfant et le droit à l'enfant, comme s'ils n'étaient pas complémentaires ! Au lieu de culpabiliser les adoptants, il faudrait reconnaître que le droit de transmettre une identité, une culture, un héritage symbolique est un droit fondamental de l'homme. Plus encore qu'un droit, l'adoption est aussi un devoir : elle procède de ce "devoir d'hospitalité inconditionnelle" dont parlait Jacques Derrida, de l'impératif éthique d'accueillir l'étranger, car elle donne un refuge et un avenir au plus fragile, au plus démuni de tous les étrangers, l'enfant abandonné. En un temps où se multiplient les rafles et les expulsions de sans-papiers, l'on ne s'étonnera pas de voir nos autorités considérer avec la plus grande défiance ce devoir d'hospitalité".

Et l'article du 9 novembre :

«La culpabilité, l'innocence, la manipulation, sont quelques-unes des facettes de l'épisode L'Arche de Zoé. Il montre quelque chose de nous : il faut donc s'y intéresser et s'en inquiéter. Pourquoi ? Parce qu'il souligne une question essentielle : la place de l'enfant. La comprendre c'est forcément interroger notre civilisation. Alors, cet épisode est une opportunité : il faut s'en servir comme miroir et reconnaître qu'existe une logique culturelle qui agit à notre insu et sous-tend nos choix, nos solutions aux dysfonctionnements de notre civilisation. L'humanitaire n'y échappe pas. Au travers des pratiques de L'Arche de Zoé et des demandes des adultes, on est au cœur d'une situation dans laquelle l'enfant est convoité, désiré, acheté, transporté, choisi. La question sous-jacente est donc : quelle est la place et la valeur que l'adulte donne à l'enfant ? Trois exemples. Trois symptômes, qui ont tous un point commun : l'appropriation de l'enfant par l'adulte. Qui témoignent de la pathologie de notre logique culturelle. La fécondation in vitro (FIV), qui paraît justifiée, produit cependant une absence de transmission entre les parents et l'enfant ; l'enfant n'a et ne peut avoir de place ni dans une histoire ni dans une filiation. Bien que présent, le bébé n'existe pas. Ce qui compte c'est le désir de l'adulte, celui de la médecine. Qui l'inscrivent dans leur logique. Autre relais de notre logique culturelle : l'adoption d'enfant. Que nous montre cette pratique, notamment à notre civilisation, la seule à la pratiquer sur une large échelle ? Que dans cette détermination à "obtenir" un enfant, stratégie à l'appui, c'est le désir de l'adulte qui prime. L'enfant n'occupe aucune place. Il y a lieu de s'interroger sur cette expression d'amour : qu'y met-on ? A quel manque cela répond-il ? La capture de l'enfant à l'étranger est légitimée par un rituel psychoaffectif et administratif. Or, un enfant vaut plus qu'un dessous de table au Vietnam ou au Laos : notre civilisation est la seule à ne pas l'admettre. L'adoption "histoire d'amour", en elle-même très violente, rappelle le deuil, la séparation, stimule l'illusion, l'idée d'échec. On prête à l'enfant un désir. Comment remettre en question une démarche d'amour ? La confusion involontaire et vertueuse entre la culture, l'histoire, des parents et de celles de l'enfant, est là pour faire entrer cet enfant dans la loi de l'adulte. Déni de la réalité : pourquoi imposons-nous cela à l'enfant si ce n'est pour régler nos comptes avec nous-mêmes, nos angoisses, notre manque profond ? Nous ne gagnons rien à vouloir confondre la réalité et notre réalité imaginaire, celle de l'enfant et la nôtre.
Le troisième exemple concerne l'homoparentalité, qui fait débat. Quelle est la place faite à l'enfant ? Là aussi : déni de la différence des sexes. Qui fait de l'enfant l'objet de marchandage. Le bonheur (des adultes) passe avant l'identité de l'enfant (avec caution d'arguments pseudo scientifiques), de son devenir. L'amour ne donne pas le droit d'obliger un sujet d'être là où on veut qu'il soit, qu'il en ait ou non envie. Le projet est pourtant clair : arrêter la filiation de l'enfant, l'inclure dans celle des homos parents. Dans leur histoire. Dans ces trois exemples, ce processus commun a un nom : la perversion. Nier la réalité, imposer la sienne aux autres. Ne plus reconnaître l'autre comme individu libre, substituer son désir au sien. Ces symptômes sont là parce qu'une culture les produit. Mais tout prend part à ce processus : l'école, la famille, la rue, la science, le virtuel, l'hôpital, l'entreprise, nous-même. Le schéma pervers est appliqué involontairement par chacun de nous. Le cas des réseaux pédophiles, des abus sexuels, criminels et pathologiques, rappellent leur lien avec ce processus : la relation de l'adulte avec son enfance, floue, confuse, non élaborée et que la société n'a pas permise. La boucle est bouclée. Alors : l'Occident infanticide ?
Arche de Zoé-miroir : on y voit les risques énormes que cette logique culturelle fait courir à notre civilisation. Elle construit le danger car elle construit l'homme de la perte de soi ».

vendredi 16 novembre 2007

"C'est (pas) beau ce que vous faites !"

Je pense que la chose qui m'agace le plus, quand je dis autour de moi, que nous allons adopter, c'est la réaction suivante : "Oh, c'est beau ce que vous faites, je vous admire!". Certes, on ne peut pas dire que cette réaction émane de gens très proches de nous, ce sont plutôt des réactions de "connaissances". Certes, également, il peut s'agir de formules de politesse un peu maladroites car les gens ne savent pas forcément comment réagir quand on dit qu'on va adopter. C'est certes une aussi belle nouvelle que d'annoncer qu'on va accoucher d'un enfant, mais on sent souvent une petite pointe de "dépit" dans le regard des gens ("Les pauvres, pas capables d'avoir un enfant par eux-mêmes...").Il faut donc que ce soit très clair : ce n'est pas "beau" d'adopter un enfant, ou tout du moins, ce n'est pas un acte "humanitaire". Ainsi, tout comme on ne fait pas des enfants biologiques pour assurer sa retraite, on n'adopte pas un enfant pour sauver le monde. On adopte un enfant pour les mêmes raisons qu'on "fait" un enfant : pour construire une famille. Je pense même qu'adopter un enfant par souci d'humanitaire est une mauvaise raison et dans ce cas, il vaut mieux parrainer un enfant. C'est pour cette raison que nous avons refusé d'adopter en Haïti. Là bas, les enfants ont le plus souvent une famille, constituée de parents et de nombreux frères et soeurs. Un ou plusieurs enfants de la famille sont ainsi placés en orphelinat afin d'être adoptés. Les parents souhaitent ainsi leur donner une chance, et peut-être aussi, se donner une chance d'avoir un jour une personne "riche" dans la famille. C'est ce que j'appelle de l'adoption "économique". Le souci, je pense, c'est qu'il ne doit pas être aisé pour un enfant de grandir et de se construire en pensant que sa famille biologique "crève de faim" dans l'un des pays les plus pauvres de la planète pendant que lui dispose de tout ce dont il a besoin (et sans doute plus) dans un pays riche. Ceci est renforcé par le fait que la plupart des adoptions en Haïti sont des adoptions simples (l'enfant garde le nom de sa famille biologique auquel vient s'ajouter celui de sa famille adoptive). Je trouve que c'est très/trop lourd de faire porter ce poids à un enfant. Je pense qu'en Haïti, il vaudrait mieux "parrainer" un ou plusieurs enfants d'une même famille mais leur permettre de grandir sur place. Ceci n'est pas un jugement de l'adoption en Haïti, mais juste une explication des raisons pour lesquelles nous ne nous en sentions personnellement pas capables. Notre démarche est totalement différente, certainement plus égoïste. Donc, non, ce n'est pas "beau", pas "bien" d'adopter un enfant. Remarquez, comparativement à LA personne (une seule, donc il n' y a pas tant d'imbéciles que ça) qui m'a demandé si cela coûtait cher d'adopter "parce qu'il paraît que ce n'est pas donné", celles et ceux qui trouvent que c'est "beau" ne sont finalement pas si terribles :-).

lundi 12 novembre 2007

C.C.A.A. Guided Tour ! Looking for trainees ...

Après la Muraille de Chine (Lau n'est pas là, j'en profite pour retirer "Ségitude" de la une ), continuons notre petit panorama photo !

Voici deux photographies du C.C.A.A.

Nathalie & Hervé, Virgine & David, on reconnaît clairement nos dossiers dans leur petite housse rouge... D'ailleurs ils s'impatientent nos dossiers, non ? Une chose est sûre : ils ne sont pas tout seuls :-)




Voilà à présent ci-dessous la "matching room", autrement le lieu où le destin qui réunit des parents adoptants et un enfant à adopter se scelle à jamais.

L'endroit où le "matching" est fait entre parents et enfants !
Nous sommes nombreux à avoir postulé pour être stagiaires au CCAA afin d'accélérer le traitement des dossiers.





PS : un excellent lien sur le site de N&H pour accéder à l'émission sur l'adoption diffusée par La Chaîne Parlementaire.

vendredi 9 novembre 2007

Naïveté ?

Le "mur du con" a été franchi, comme dirait le Canard, puisque oui, nous avons écrit à Nicolas Sarkozy via le site de l'Elysée (comme le suggéraient Nath. & Hervé sur leur blog il y a quelques jours)... En même temps, c'est un peu de sa faute, il donne tellement l'impression de s'intéresser au sort des petits malheurs de chacun qu'on finit par se dire "Let's try?"... Dans la foulée, nous allons transférer ce message à André Santini (notre maire) et à Rama Yade... C'est sans doute un pavé dans la mare, mais ça nous donne l'impression d'être un peu réactifs face à notre impuissance.

"Monsieur le Président,

Vous partez prochainement en voyage officiel en Chine (du 25 au 27 novembre). Notre demande traite à la fois de ce point mais aussi d'un autre, qui a trait à la famille et que l'actualité récente a mis sous les projecteurs : l'adoption. Comme de très nombreux Français (et bien d'autres couples et célibataires de différents pays), nous avons un dossier d'adoption déposé en Chine depuis avril 2006. Nous avons lu avec intérêt le discours de clôture prononcé par Rama Yade au colloque organisé cette semaine par l'AFA. A aucun moment, la Chine n'a été évoquée. Pourtant, les dossiers envoyés en Chine sont en train de s'enfoncer progressivement dans un trou noir. Traditionnellement, les délais d'attente en Chine étaient de 6 mois. Quand notre dossier a été envoyé en Chine, ils étaient passés à une année. Actuellement, nous en sommes à deux ans d'attente et avec un rythme d'avancement de quelques jours par mois, ils ne peuvent que continuer de s'allonger dramatiquement dans les mois qui viennent. Certaines "fuites" en provenance d'associations américaines ayant des contacts à Pékin annoncent d'ores et déjà 4 ans d'attente... Et pour toute réponse aux questions des associations, la Chine ne répond rien que des banalités (voir les -non- réponses fournies à l'AFA lors de son récent déplacement à Pékin). Ainsi, pour avoir respecté les règles et suivi les conseils avisés de professionnels qui nous ont expliqué, comme à beaucoup d'autres, que la Chine et la Colombie étaient les pays les plus "sérieux" en terme d'adoption "encadrée" (nous avons la chance d'être accompagnés par une OAA), nous nous retrouvons à présent avec un dossier envoyé à des milliers de kilomètres et une visibilité zéro sur l'issue qui sera donnée à notre procédure. Notre cas n'est pas unique et il en est certes de plus dramatiques, mais lors de votre voyage en Chine, la communauté des adoptants en Chine apprécierait énormément que vous évoquiez ce sujet avec les responsables sur place. L'adoption en Chine est totalement centralisée avec un organisme basé à Pekin (appelé le CCAA - une sorte de "Ministère des Adoptions") qui gère les dossiers d'enfants abandonnés en provenance de l'ensemble du pays. Les responsables et les réponses ne doivent donc pas forcément être très durs à trouver. Que compte faire le CCAA ? Sous quel délai ? Quel est l'avenir de l'adoption en Chine ? Nous vous remercions par avance de l'intérêt que vous porterez peut-être à notre requête et vous prions d'agréer nos sincères salutations...".
Aurons-nous une réponse ? A suivre...

PS (sic!): une petite photo souvenir de Ségolène Royal en blanc sur la Grande Muraille de Chine.

Intervention de Rama Yade en clôture du colloque de l'Agence Française de l'Adoption

Allez, même si elle nous a un peu agacé lors de ses interventions publiques dans l'affaire de l'Arche des Zozos, voici tout de même le discours de Rama Yade en clôture du colloque de l'Agence Française de l'Adoption, intitulé « l'adoption internationale aujourd'hui »...:-) (un peu long, mais intéressant)... Bonne lecture !

"Monsieur le Président, Madame la députée, Mesdames et messieurs,
Je viens clôturer vos travaux, chargée du poids de l'actualité récente au centre de laquelle se trouvent les enfants. C'est une occasion importante pour moi, une occasion que je n'aurais voulu rater pour rien au monde. C'est en effet la première fois que j'interviens publiquement sur le sujet depuis que Bernard Kouchner m'a demandé de prendre en charge la question de l'adoption internationale.
C'est d'ailleurs avec lui aussi que nous avons reçu Jean-Marie Colombani dans le cadre de la mission que lui a confié le Président de la République.
Il s'agit d'abord de rappeler avec force quelques valeurs essentielles que nous partageons.
Les droits de l'enfant priment sur toutes les autres considérations. Le désir d'enfant peut être très fort, très généreux, mais il n'en reste pas moins que ce n'est pas parce qu'on veut un enfant qu'on y a droit. Le respect des droits de l'enfant est le premier devoir des familles.
Ce devoir doit être exercé avec responsabilité et je sais bien que c'est le cas de vous tous, pays, organismes et familles réunis ici.
Ce n'est pas parce qu'on est convaincu qu'il faut sauver un enfant qu'on peut s'affranchir de ses droits les plus élémentaires. Je suis effarée des conséquences de l'affaire de l'Arche de Zoé pour les enfants. Je suis effarée de la légèreté avec laquelle certains ont cru pouvoir s'affranchir des règles de droit international, national, et de l'environnement culturel et familial de ces enfants.
Je veux dire à tous ceux qui sont là que, non, ce n'est pas notre conception de l'intérêt supérieur de l'enfant, ce n'est pas notre conception de l'aide humanitaire aux enfants, ce n'est pas notre conception de l'adoption internationale.
Je veux dire aux pays qui nous font l'amitié de leur présence notre absolu respect des termes de la Convention de la Haye. Pour la France, l'adoption internationale ne peut s'envisager qu'à défaut de solution nationale sur place. Et j'irai plus loin : c'est parce qu'elle est absolument convaincue que c'est ainsi qu'on respecte l'intérêt supérieur de l'enfant que la France apporte tout son soutien au développement de solutions nationales sur place.
Je veux aussi dire aux organismes d'adoption qu'il n'y a aucun doute dans mon esprit sur leur compétence et leur sérieux. Et je m'engage à faire partager à tous mes interlocuteurs ces certitudes. Je ne veux pas qu'on amalgame l'Arche de Zoé et tous ceux qui travaillent dans le respect du droit.
Enfin, je veux dire aux familles engagées dans une démarche responsable d'adoption que je suis consciente qu'elles risquent de payer le prix des agissements de l'Arche de Zoé. Qu'elles sachent que je suis à leurs côtés pour que ce ne soit pas le cas. Qu'elles sachent que ma porte leur est ouverte si elles venaient à rencontrer des difficultés.
Mais, hasard de l'actualité, pendant que se développait cette affaire, un autre dossier s'orientait vers une fin plus heureuse grâce à l'action conjointe et responsable des familles concernées, qui ont fait preuve d'une grande sérénité, de l'ambassade de France et du Gouvernement.
Je veux là parler du cas Népalais. J'ai la joie de vous annoncer que, lundi, le Premier ministre Népalais a confirmé à notre ambassadeur qu'il avait ordonné l'instruction des dossiers d'adoption internationale suspendus depuis mars dernier.
C'est là une issue heureuse à une situation difficile et douloureuse qui durait depuis plusieurs mois et qui touchait de nombreuses familles de France et d'autres pays.
Je reçois les représentants des familles adoptantes au Népal le 15 novembre prochain. Cela me permettra de faire un premier tour d'horizon avec elles sur les modalités concrètes de ces instructions.
Tchad - Népal : le décor est planté. Vos travaux prennent tout leur sens à la lumière de ces deux exemples contradictoires.
Mon sentiment, depuis que Bernard Kouchner m'a demandé de prendre en charge la question de l'adoption internationale, c'est que nous sommes en quelque sorte « à la croisée des chemins ». J'ai pu pour ma part me rendre compte à l'occasion de plusieurs entretiens en France et déplacements à l'étranger, notamment en Haïti ou en Moldavie, à quel point l'adoption était souvent un « parcours du combattant » pour les familles qui souhaitaient adopter. Car la situation est complexe.
La rencontre entre le « besoin » des enfants adoptables et la disponibilité des familles adoptantes françaises est en effet totalement déséquilibrée. 25.000 familles françaises disposent d'un agrément pour adopter et ne peuvent conduire à terme leur démarche. C'est une source de frustration et de souffrance, qui explique d'ailleurs en partie l'engouement de certains pour le mirage d'opérations telle que l'Arche de Zoé.
Pour nous prémunir contre de telles dérives, nous avons la responsabilité d'expliquer très clairement aux familles que l'adoption internationale n'est pas la solution miracle. Nous avons la responsabilité de leur expliquer combien il est essentiel de respecter les conditions des pays d'origine des enfants adoptables, encore plus lorsque que ces pays s'engagent dans la voie de la Convention de la Haye, comme c'est souhaitable.
Ce n'est pas le moindre des enjeux de vos travaux, et je salue l'AFA qui a su les organiser. Bien que très jeune, l'agence a déjà à son actif à la fois un vrai réseau international et cet échange de vues et d'expériences internationales qui est une vraie première et une initiative essentielle.
Mais nous devons aussi porter un regard critique sur notre propre fonctionnement.
Sur l'agrément tout d'abord. C'est une vraie question de savoir jusqu'où l'attribution d'un agrément doit être dépendante, ou non, du nombre d'enfants que l'on sait en demande d'adoption. Je n'ai pas la réponse, mais je crois que la question mérite d'être posée.
Sur la démarche individuelle d'adoption également. De plus en plus de pays mettent en place des dispositifs de protection de l'enfance qui y font obstacle mais s'imposent pour éviter les abus ou trafics en tout genre. Nous devons avoir le courage de nous poser la question de l'accompagnement de la famille adoptante au regard du nouveau contexte international.
Car pour de nombreuses familles, il y a une attente longue, de nombreux voyages et des incertitudes fortes. En Haïti, en Moldavie, au Cambodge, à Madagascar, au Népal... Et les ambassades accompagnent du mieux qu'elles peuvent ces démarches ; elles intègrent de plus en plus dans leurs procédures ces questions d'accompagnement, politique, social, psychologique. Mais ce n'est qu'un accompagnement, qui se fait en plus de leurs autres missions. Il faut que nous en reparlions ensemble.
Sur le fonctionnement même des services d'aide à l'adoption en France, qu'ils soient publics ou privés. C'est tout le sens de la mission confiée par le Président de la République à M. Jean-Marie Colombani. Je l'ai rencontré avec Bernard Kouchner le 24 octobre dernier. Je l'ai assuré de mon entière collaboration à son travail.
L'heureuse résolution du dossier népalais est pour moi exemplaire de ce point de vue : c'est bien la conjonction des efforts de tous, familles, gouvernement et ambassade, gouvernement du pays des enfants, qui permet de résoudre les situations les plus délicates, les plus douloureuses.
Je souhaite que nous la conservions à l'esprit parce que je veux ici saluer l'engagement de tous ceux qui ont permis d'atteindre ce résultat.
Je crois en effet que la coopération entre toutes les parties est l'une des clefs d'un dispositif d'adoption internationale équilibré et respectueux de tous les intérêts en présence.
Il y a, bien sûr, la coopération entre les différents services publics et privés et les familles. Je l'ai évoquée. Elle doit se faire dans un esprit de responsabilité, d'humanité et de générosité.
Il y a aussi la coopération entre les autorités françaises et les autorités des pays d'origine des enfants adoptés tout au long de la procédure d'adoption. Je connais les efforts réalisés par nos ambassades et nos consulats, parfois face à des situations de tension qui ne facilitent pas leur travail. Je viens de parler du réseau international que développe l'AFA. La mission confiée à Jean-Marie Colombani nous offrira, je l'espère, l'opportunité de réfléchir aux moyens nécessaires pour faciliter une meilleure coordination - voire une plus grande précision - des missions incombant aux uns et aux autres, et aux moyens nécessaires à mettre en œuvre pour que ces missions puissent se conduire dans de bonnes conditions.
Enfin, il y a la coopération avec les pays d'origine des enfants adoptés et, en particulier, avec leurs orphelinats. Je serai favorable à l'ouverture d'une réflexion sur ce sujet : d'autres pays se sont engagés dans cette voie. Peut-être est-il temps pour nous d'envisager de faire de même ?
Mais d'autres pistes existent aussi. J'ai commencé à étudier de près comment notre aide au développement pouvait venir renforcer la protection de l'enfance dans les pays dont proviennent les enfants adoptés en France, ou soutenir la mise en pratique par ces pays de la Convention de la Haye lorsqu'ils viennent de la ratifier ou sont en cours de ratification.
J'ai également à l'esprit la promotion des alternatives à l'adoption, telles que le parrainage d'enfants dans leur pays et l'aide humanitaire aux enfants placés hors de leur famille d'origine mais non proposés à l'adoption.
Le champ est vaste. Votre présence à tous ici durant ces deux jours me prouve que nous sommes prêts à nous y engager ensemble. Il y a aujourd'hui autour de l'adoption internationale beaucoup de détresse. Je voudrais que nous y remettions ensemble de l'espoir. L'espoir pour un enfant de trouver une famille. L'espoir pour les adultes de donner à un enfant cette famille.
L'adoption est une aventure humaine qui se doit d'être belle. Voilà la responsabilité qui nous incombe. Votre présence ici aujourd'hui, votre travail, prouvent combien vous êtes conscients de cette responsabilité. Je suis venue pour vous en remercier. Je suis venue pour vous dire que le gouvernement français la partage avec vous. Je vous remercie".

mercredi 7 novembre 2007

Conférence sur la santé de l'enfant adopté

Nous avons assisté, hier soir, à une conférence très intéressante organisée par l'ASE des Hauts de Seine et dédiée à la santé de l'enfant adopté. Une chose est sûre : nous avons bien fait de porter notre choix sur la Chine, car c'est l'un des "meilleurs" pays en ce qui concerne la santé des enfants adoptés.

Principalement pointées du doigt par le docteur Choulot, responsable de la consultation "Adoption" à l'hôpital de Pau et principal intervenant de la conférence : la Russie et ses anciennes Républiques (surtout l'Ukraine et la Lettonie). Tout d'abord, d'un point de vue psychique, l'abandon étant "culturel" en Chine (politique de l'enfant unique qui incite à abandonner les fillettes), les enfants sont abandonnés à la naissance et sont recueillis dans des orphelinats ou pouponnières où ils sont bien traités. Comparativement aux placements en orphelinat d'enfants pour cause de violence ou d'alcoolisme (comme c'est essentiellement le cas en Russie avec des cas très fréquents de foetopathie de mère alcoolique qui provoque des lésions irréversibles), les enfants ont donc beaucoup moins de séquelles. Physiquement ensuite, car à la différence d'Haïti ou de certains pays d'Afrique, les enfants ont toujours mangé à leur faim. Il faut aussi garder à l'esprit que la croissance du cerveau est maximale dans les 6 à 9 premiers mois de vie d'une personne.

Parmi les points à retenir de la conférence, nous avons noté :
- Les troubles du sommeil sont souvent importants chez les adoptés, notamment venant de Chine, car les enfants ont été le plus souvent habitués à dormir dans des dortoirs, souvent même avec leur nourrice. Du coup, il leur faut du temps pour s'habituer à la petite chambre de bébé à l'occidentale.
- Les dossiers médicaux remis par la Chine sont fiables, à l'exception du dépistage de l'hépatite B que le docteur Choulot nous conseille de refaire une fois en France (mais il n'a vu que 6 cas sur 1000). Dans d'autres pays (Russie, Ukraine...), le point de vue du docteur Choulot fut sans appel : les dossiers sont mensongers, il faut refaire tous les tests une fois en France et ne pas croire ce qui est écrit dans les dossiers.
- La "puberté précoce" est liée à deux phénomènes principaux : c'est parfois lié au passage d'une sous-alimentation à une sur-alimentation qui entraîne un développement trop rapide de la croissance de l'enfant et aboutit à une "puberté précoce" (petites filles réglées à 9 ou 10 ans). Mais le plus souvent, il y a surtout eu mensonge initial sur l'âge (la fillette a prétendument 2 ans, en réalité elle en a 5). A 7 ans, ses parents s'inquiètent devant une poitrine naissante. En réalité, la petite a 10 ans et c'est tout à fait normal. Mais ce point rejoint celui de la fiabilité initiale des dossiers médicaux.

Enfin, le docteur Choulot recommande vivement aux parents adoptants d'aller voir un pédiatre spécialisé dans l'adoption à l'arrivée de l'enfant en France. Il y a 8 consultations de ce type en France (dont la sienne à Pau). Il a, entre autres, cité une consultation à Dijon et une autre à Versailles (le docteur Anne de Truchis).

Enfin, un dernier point sensible a été abordé lors de cette conférence : les "échecs" de l'adoption et les troubles de l'attachement. Mais nous reparlerons de ces sujets à l'occasion d'un autre post.

Bises à Nathalie et Hervé avec qui nous avons assisté à cette conférence...

lundi 5 novembre 2007

Jade Halliday

Un message posté il y a quelques mois sur AEC (le forum Yahoo de la communauté des adoptants en Chine) par une maman m'est toujours resté en mémoire. Elle disait que chaque matin, quand le facteur arrivait chez elle, il interpellait sa fille en l'appelant Jade (comme la fille de Johnny, ah que oui !). Je pense que ceci est le parfait exemple de la crétinerie à laquelle nous allons parfois devoir faire face. Les a priori, les préjugés, la bêtise, l'humour pas drôle. Ce n'est pas gênant pour nous, parents, mais je redoute le moment où notre fille entendra et surtout comprendra ce type de propos. Bien sûr, on peut dire la même chose d'un enfant plus petit que les autres, plus gros, avec des lunettes ou un appareil dentaire... Il faudra lui apprendre à être forte face à ces bêtises et à savoir se défendre. Il faudra que vous lui appreniez avec nous car nous ne saurons pas tout, nous n'entendrons pas tout. Voilà, c'était ma petite demande du soir. Bonne nuit...

Le choix du prénom... Fille ou garçon ?

L'avantage majeur quand on adopte, c'est qu'on a vraiment tout loisir de choisir avec soin le prénom de son enfant. On a le temps de voir les modes se faire et se défaire, on a le temps de se faire "piquer" les prénoms qu'on aime par les copains, copines, frères, soeurs, cousins, cousines... Puis, un jour, c'est la révélation ! Ce sera celui-là et pas un autre... Nous avons mis beaucoup de temps à choisir le prénom (en même temps, la pression n'était pas énorme) mais à présent, on aurait beaucoup de mal à en choisir un autre. Alors, bien sûr, parfois la question se pose : et si c'était un garçon ? Ces derniers mois, certaines familles qui attendaient des petites filles ont eu des petits garçons... Ce n'est pas si fréquent, mais cela arrive. Et pas forcément à des familles qui avaient expressement demandé un garçon. Dans notre dossier, nous avons écrit que le sexe était indifférent. C'était et c'est toujours vrai, bien sûr... Mais en Chine, on nous dit tellement que de toute façon ce sera une fille, qu'on finit vraiment par ne plus attendre un garçon. Du coup, nous n'avons de prénom que pour une petite fille... Enfin presque :-)

Les Zozos de l'Arche de Zoé

Eh oui il est juste le lapsus de notre Kouchner national. Ce ne sont pas des "Pieds nickelés", ce sont des zozos, les gars de l'Arché de Zoé !! Ce qu'ils ont fait, ce n'est pas de l'humanitaire, ce n'est pas davantage de l'ingérence, ce n'est pas de l'adoption, c'est au mieux les zozoteries d'exaltés aux relents de colonialisme.

Comme l'ont souligné Médecins du Monde et d'autres : l'adoption internationale, ce n'est pas l'Arche de Zoé !

L'adoption internationale, c'est un processus encadré - surtout avec une OAA (notre association Rayon de Soleil ne fait plus d'adoption en Afrique depuis longtemps)... Voilà pourquoi nous avons choisi la Chine !
Et surtout que ceci ne serve pas à cacher l'insuffisance de l'Etat Francais dans la gestion de l'adoption internationale. Et espérons que la mission de Jean Marie Colombani sera couronnée de succès. Les Espagnols adoptent 4 fois plus que nous par habitant !

8 petits jours d'attribution... On n'est pas "rendus" :-)

Il fût un temps, pas si éloigné, où le temps moyen d'attente entre l'envoi d'un dossier d'adoption en Chine et l'attribution d'un enfant était de six mois... Quand notre dossier a été envoyé en Chine, en avril 2006, on nous annonçait un an d'attente. Les délais avaient déjà commencé à augmenter, mais nous étions naïvement convaincus qu'un an était le délai le plus long que l'on pourrait connaître et avions l'intime espérance qu'au final, le délai serait plus court. Plus dure fut la chute... Et le retour à la réalité car au fil des mois et des attributions, nous avons du nous résoudre à l'idée que non seulement nous n'attendrions pas moins d'un an, mais qu'au final le décompte final irait certainement bien au delà de ces 12 mois... A l'heure actuelle, nous avons arrêté de compter... Là où auparavant les Chinois pouvaient "traiter", en un mois, un ou deux mois de dossiers (tous les dossiers envoyés en janvier et février traités en octobre, par exemple), nous n'avons pour notre part jamais connu autre chose que quelques jours de dossiers traités en un mois, avec des "pics hallucinogènes" où, au bout de quatre semaines, les dossiers avaient avancé de deux ou trois jours. Ainsi, par exemple, le mois de novembre 2005 a été traité en 7 mois!!! Le C.C.A.A. a "achevé" ce mois sans fin lors des attributions intervenues début octobre. Nous avions alors repris espoir, espérant que Décembre 2005 allait enfin avancer plus vite. Et ce matin, l'information vient de tomber sur le site du C.C.A.A. : ils ont procédé aux attributions pour les dossiers enregistrés avant le 8 décembre 2005... Soit 8 petits jours seulement... C'est certes mieux que les plus mauvais mois, mais bien loin du rythme qu'il faudrait retrouver pour que l'on puisse encore espérer une attribution en 2008... Car si la cadence se poursuit ainsi, nous en avons encore au moins pour un an et demi... Alors, bien sûr, cette situation est le fruit d'un afflux de demandes d'adoption envoyées en Chine au cours des années 2005 et 2006 qui ont conduit à un engorgement. Bien sûr, la Chine est un pays qui se développe rapidement, où la politique de l'enfant unique peut être "contournée". Pleins d'autres raisons sont également évoquées pour expliquer ce ralentissement. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser qu'il est surtout le fruit d'une volonté politique de l'Etat chinois qui a du en avoir ras le bol de se voir considérer comme le grenier à blé des adoptions par/pour la communauté internationale. Quant aux familles adoptantes qui souffrent de cette attente sans fin, ce n'est pas grave. On nous l'a d'ailleurs assez souvent répété : une adoption, c'est donner une famille à un enfant, pas l'inverse. Qu'on se le dise ! Hauts les Coeurs !

dimanche 4 novembre 2007

Une si si si si longue attente... Chers Cécile & Yanco !

Bienvenue à Anatole... Et vivent Gaspard, Hector et Jules... Anatole est votre 4ème fils. Je pense qu'on n'aurait jamais imaginé qu'un couple du même âge que nous puisse avoir 4 enfants en moins de temps qu'il ne nous en faudrait pour avoir notre premier enfant. Le pire c'est qu'aux vues des délais actuels en Chine, vous auriez presque le temps d'avoir un "p'tit" cinquième avant l'arrivée de notre enfant. Chers Cécile & Yanco... C'est beau de faire des bébés quand on le désire et quand on l'a décidé... Franchement, nous vous envions. Pour nous, ceci est de la pure science-fiction. Mais nous savons aussi que pour d'autres, avoir la chance d'adopter un enfant relève certainement aussi de la SF car c'est vrai qu'il faut réunir un certain nombre de critères et franchir certaines étapes qui excluent des couples qui pourtant aimeraient aussi devenir parents. Nous savons que nous avons de la chance. Mais certains jours, devant ces délais qui semblent avancer à reculons et devant le temps qui passe (et les bébés qui naissent), nous avons besoin de nous le dire à plus haute voix. Nous vous embrassons... Vous ferez un tonton et une tatie formidables.