lundi 26 novembre 2007

Les troubles de l'attachement

Il y a un mot qui sonne comme un cauchemar pour les adoptants... C'est PETALES. En clair, quand on effectue ses premières recherches sur Internet sur l'adoption, on tombe sur un tas de sites web, plus ou moins intéressants, et un jour on tombe sur PETALES. On ouvre et on referme très vite car c'est une histoire qu'on n'a pas envie d'écouter... PETALES c'est le nom d'une association et l'acronyme de Parents d'Enfants présentant des Troubles de l'Attachement Ligue d'Entraide et de Soutien. PETALES, ça raconte des histoires terribles d'enfants adoptés qui ne se "font" pas à leur nouvelle famille.
L'attachement, expliqué en premier par un pédopsychiatre anglais, John Bowlby (1907-1990), est la construction des premiers liens entre un enfant et sa mère, ou celle qui en tient lieu. Il répond à un besoin biologique fondamental (besoin primaire). L'attachement, c'est la création du lien et c'est essentiel pour un enfant. C'est ce qui va lui permettre de se développer intellectuellement, de développer sa logique, sa conscience, de devenir autonome, de développer ses relations... Les troubles de l'attachement proviennent des carences affectives précoces ou de traumatismes vécues par l'enfant. 95% des enfants présentant ces troubles sont des enfants adoptés, mais ces troubles peuvent également concerner des enfants biologiques. Les principales manifestations sont un rejet des proches, notamment de la mère (contact physique et preuve d'affection). En groupe, ce sont des enfants qui ont besoin d'une place à part (chef ou victime) et qui vivent essentiellement dans le présent, sans parvenir à se projeter. La scolarité de ces enfants est difficile.
Evidemment, c'est une histoire qu'on n'a pas vraiment envie d'entendre. Car on rêve surtout d'une belle histoire d'amour, et non de désamour et de défiance. Ce qui compte, c'est de savoir que ça existe, afin de pouvoir y être attentifs, le cas échéant. Le pédopsychiatre Marcel Ruffo disait il y a quelques années que dans sa consultation pour ados en difficulté à l'hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, les enfants adoptés étaient sur-représentés par rapport à la part qu'ils représentent dans la population. Et posait cette question (je résume avec mes mots) : est-ce parce qu'ils ont plus de problèmes que les autres ou parce qu'ils ont des parents qui sont plus "attentifs" aux difficultés et davantage en souci que les autres parents ? J'ai tendance à penser que les deux raisons expliquent cette sur-représentation des enfants adoptés, mais que la deuxième vaut sans doute autant que la première (sinon plus). Ni trop, ni pas assez ; interpréter sans sur-interpréter, c'est le challenge qui sera le nôtre. Ne pas oublier PETALES, puis l'oublier.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour les amis... Votre parcours de parent est et continuera d'etre une vraie collection de défis, mais le moins que l'on puisse dire est que vous serez très préparés... et entourés par des amis et des groupes qui devront affronter la meme catégorie de problèmes, ce qui vu d'ici est vraiment rassurant. Je crois beaucoup à votre instinct de parents pour aimer et prendre les décisions justes, pour vous avoir vu avec des enfants... Je sais aussi que l'instinct ne suffit pas dans des cas difficiles comme ceux de ces troubles, mais j'ai la faiblesse de penser que la simplicité et la force d'un lien sincère aident à circonscrire ces problèmes pour mieux les affronter. On vous aime fort à Pescara... Marie and co