Dans un parcours d'adoption, on se sent souvent seuls. Au départ, tant qu'on n'a pas l'agrément, on n'en parle pas, car on se dit que tant qu'on n'a pas notre "Bon pour", ce n'est pas la peine d'alerter la terre entière (en plus, c'est un peu comme le BAC : on a peur de ne pas l'avoir, même si tout le monde nous dit : "mais bien sûr que vous l'aurez..."). Pendant cette période, on est déjà dedans mais les gens autour de nous ne le soupçonnent même pas. Une fois l'agrément/BAC en poche, on commence à en parler autour de soi... "Faut qu'on vous annonce quelque chose"... Une sorte de coming-out en quelque sorte (dans certaines familles, je suis sûre que l'annonce produit le même effet qu'un véritable coming-out : "Comment???!!! Un adopté dans notre famille!...". Nous avons eu de la chance : nos familles et nos amis ont tous extrêmement bien réagi, car on a beau se dire qu'on s'en fout, il vaut mieux adopter un enfant avec une famille entière derrière soi, qu'à deux (même amoureux). Puis, démarre la longue attente que chacun tente de meubler à sa manière : certains nous en parlent souvent (merci la Hongrie, merci Marie), d'autres très peu, voire jamais (bouh...). D'autres en parlaient au début, mais avec le temps, n'évoquent plus le sujet car ils sentent bien que quelque chose ne tourne pas rond, par rapport aux délais initialement annoncés. D'autres nous rassurent avec amour sur le fait que cela va forcément arriver (formidable mamie Annette qui a déjà tricoté un gilet d'hiver multicolore... ). Et puis, il y a vous : Virginie et David, Nathalie et Hervé. C'est peu de dire que nous avons eu de la chance de vous avoir rencontré. Vous êtes de véritables soutiens car nous savons bien que tout ce que ne nous ressentons, vous le ressentez aussi (ou presque), vous le vivez aussi. Bien sûr qu'au fond de nous tous, il y avait de la tristesse samedi soir. Bien sûr qu'on a l'impression de vivre "Un jour sans fin". A chaque fois qu'on se voit, il nous reste au minimum un an à attendre :-) Mais un jour, le délai d'attente commencera à raccourcir et nous sentirons les attributions venir. Et puis un jour, RDS nous appellera. Je pense que ce jour là, nous ferons une belle fête et qu'enfin, tout cette souffrance s'envolera quand nous irons ENFIN chercher Mathilde, Nina et... Alix*.
* : nous n'aurons pas attendu 2008, car vous êtes de plus en plus nombreux à savoir, donc rien ne sert de jouer les "mystérieux" plus longtemps...
* : nous n'aurons pas attendu 2008, car vous êtes de plus en plus nombreux à savoir, donc rien ne sert de jouer les "mystérieux" plus longtemps...


4 commentaires:
:')
C'est une chance de partager ça avec vous, et notre petit groupe de "bébé1" a les coudes bien serré ...
C'est vrai, certaines choses ne sont échangées qu'avec vous, la longue attente est parfois bien délicate à gérer pour l'entourgae qui ne sait plus si nous en parler est une bonne idée, un peu comme si le simple fait de l'évoquer la rallongeait encore ...
Mais notre projet est bel et bien vivant, le téléphone sonnera pour nous aussi, et nous savons déjà que la plus incroyable aventure de notre vie, on la partagera avec de véritables amis :) ...
V de V&D ;)
Les vêtements chauds attendent sagement pour que V&D les offrent à l' orphelinat, et moi je dresse la liste de courses la plus longue de ma vie pour qu' ils n' aient que eux 3 à penser à leur retour ;).....
Ce n' est pas parce que l' on en parle pas que l' on y pense pas.....Elle (si son prénom n' est pas (re)connu ) est déjà tellement parmi nous....
Nous vous envoyons tous pleins d'ondes de courage et de positivisme.
Nous sommes passés par là, et nous savons à quel point l'égrenement des mois et la litanie des cut-off de quelques jours à peine est insupportablement dur et injuste.
Mais, un jour, le téléphone sonne, et c'est la délivrance, la vraie, la grande. c'est un poncif un peu éculé mais c'est vrai qu'on oublie toute l'attente
Nous sommes également très heureux de pouvoir échanger nos sentiments avec vous durant cette longue attente ;-)
Biz,
Nath & Hervé
Enregistrer un commentaire